Au Salon des maires 2025, APF France Handicap a réuni autour d’une même table des acteurs qui, d’habitude, ne se parlent pas assez :
- une association d’usagers (APF France Handicap),
- un bailleur social (Emmaüs Habitat),
- un élu local,
- et SAMV, représentée par son président Fouad Ben Ahmed.
Thème de la rencontre :
« Accessibilité, mobilité, dignité : repensons le logement »
En toile de fond, un constat simple : sans accessibilité réelle, il n’y a ni mobilité, ni autonomie, ni dignité pour les personnes en situation de handicap.
Un parc de logements en retard sur la réalité du handicap
Côté habitat, Emmaüs Habitat rappelle un chiffre qui pique :
leur patrimoine va de 1 à 71 ans. Autrement dit, énormément de bâtiments ont été construits avant les normes d’accessibilité actuelles.
Deux réalités cohabitent :
- Sur le patrimoine ancien, la mise à niveau est lente. Les réhabilitations intègrent désormais :
- transformation de baignoires en douches accessibles,
- traitement des marches et ressauts dans les salles d’eau,
- adaptation des portes d’entrée et cheminements.
- Sur le neuf, respecter les normes est “facile” sur le papier… mais encore trop limité dans les faits.
Emmaüs va plus loin que le minimum en :- installant douches PMR dès la livraison,
- limitant les ressauts à 2 cm vers balcons et terrasses,
- travaillant des halls d’entrée réellement accessibles, avec ascenseurs adaptés.
Pendant ce temps, les études nationales parlent d’elles-mêmes :
- 2,4 millions de logements accessibles seront nécessaires d’ici 2040,
- nous ne sommes même pas à la moitié,
- 1 million de personnes handicapées vivent aujourd’hui dans un logement inadapté.
Les normes PMR actuelles restent souvent un minimum réglementaire, pas une garantie de qualité d’usage.
L’accessibilité universelle : un objectif… encore très théorique
APF France Handicap le rappelle :
Un logement “PMR” aux normes n’est pas forcément vivable pour une personne en fauteuil roulant électrique ou avec un handicap complexe.
Un ressaut “toléré” par la norme peut suffire à empêcher l’accès à un balcon. Un couloir “conforme” peut être impraticable au quotidien.
L’enjeu, ce n’est pas seulement :
« Est-ce que le plan est aux normes ? »
mais surtout :
« Est-ce que la personne peut réellement vivre, circuler et se projeter dans ce logement ? »
D’où l’importance de parler d’accessibilité universelle et pas uniquement de conformité technique.
Pourquoi les collectivités sont au cœur du jeu
L’élu présent le rappelle très clairement :
une ville comme Saint-Ouen, c’est environ 8 à 9 000 logements sociaux. En quatre ans, la commune a pu transformer 500 baignoires en douches.
On est donc en permanence dans une logique de rattrapage :
- rattraper l’ancien,
- compenser les insuffisances du neuf,
- composer avec des handicaps visibles et invisibles.
Et surtout, sortir de la logique du “ce n’est pas de notre compétence”.
Entre commune, département, région, État, sécurité sociale… chacun a tendance à renvoyer la balle. Pendant ce temps, la personne en fauteuil reste coincée chez elle.
L’enjeu, pour les collectivités, c’est de :
- assumer un rôle de coordination,
- intégrer le handicap dans toutes les politiques publiques (logement, sport, RH, aménagement…),
- et mettre tout le monde autour de la table pour trouver des solutions concrètes.
Ce que SAMV apporte : passer de l’impuissance au passage à l’action
Quand vient le tour de Fouad Ben Ahmed, président de SAMV – Solutions d’Assistance à Mobilité Verticale, le message est clair :
« Dès l’instant où une personne est prisonnière chez elle parce que l’ascenseur est en panne, le maire a le devoir d’agir. »
Remettre la sécurité et la dignité au centre
Une personne bloquée à l’étage parce que l’ascenseur est en panne, c’est :
- un risque pour sa santé,
- un danger en cas d’urgence,
- une atteinte directe à sa dignité et à sa liberté fondamentale de se déplacer.
SAMV a justement été créée pour sortir de cette impression d’impuissance permanente face à la panne d’ascenseur.
Le point de départ est simple :
« Il y a un problème → on construit une solution. »
Des exemples très concrets
Fouad cite un cas à Saint-Ouen :
- Une femme en fauteuil, pratiquant le basket fauteuil, vit en copropriété privée.
- L’ascenseur tombe en panne durant la période de garantie décennale.
- Tout le monde se renvoie la responsabilité : constructeur, syndic, assurances…
- Le maire alerte SAMV.
SAMV intervient de deux manières :
- Sur le fond, en aidant à structurer les éléments de langage et de droit pour que la commune puisse mettre la copropriété en demeure.
- Sur le terrain, en assurant la mobilité verticale de la personne le temps de la réparation, grâce à ses assistants à la mobilité verticale et à ses solutions mécanisées.
Même logique avec Emmaüs Habitat :
- en cas de panne, le bailleur active SAMV,
- SAMV prend le relais le temps que la maintenance remette l’ascenseur en service,
- les deux approches sont complémentaires, pas concurrentes.
Accessibilité universelle vs solutions supplétives : arrêter l’opposition stérile
Fouad le rappelle très directement :
- Oui, l’accessibilité universelle reste un objectif indispensable.
- Mais non, on ne peut pas faire comme si, en attendant que tout soit parfait, rien n’était possible.
Il y a :
- des immeubles sans ascenseur où il n’en sera jamais installé,
- des longues pannes,
- des situations urgentes (rendez-vous médicaux, travail, vie familiale) où attendre la fin du chantier n’est pas une option.
C’est là que SAMV se positionne :
- comme maillon de la chaîne,
- comme solution supplétive structurée,
- comme réponse humaine et technique à la rupture de mobilité verticale.
L’engagement de SAMV résumé en trois mots : mobilité, dignité, coopération
En fin de table ronde, Fouad rappelle aussi ses “trois casquettes” :
- élu local,
- ancien agent territorial,
- chef d’entreprise & militant associatif.
Cette expérience multiple lui permet de voir les blocages de l’intérieur et de défendre une idée simple :
On doit juger une action publique ou associative non seulement au résultat,
mais d’abord à la volonté réelle et aux moyens mis en œuvre pour agir.
Pour SAMV, cette volonté se traduit par :
- la création d’un nouveau métier, l’Assistant à la Mobilité Verticale,
- la mise en place de chartes de bonnes pratiques avec les bailleurs et collectivités,
- un travail de co-construction avec des acteurs comme Emmaüs Habitat et APF France Handicap.
Ce que cette table ronde confirme pour SAMV
Cette rencontre au Salon des maires montre une chose :
- La question de la mobilité verticale n’est plus un détail technique,
- c’est un enjeu politique, social et humain majeur.
SAMV y prend toute sa place en :
- apportant des solutions opérationnelles là où la théorie ne suffit plus,
- rappelant le rôle des maires et des bailleurs dans la protection des personnes vulnérables,
- et en travaillant main dans la main avec les associations de terrain.
Parce qu’un logement n’est jamais réellement “digne” tant que la personne qui y vit ne peut pas en sortir librement.
Vous voulez faire bouger les choses, parlons-en

